Témoignage d’une mère : Élever un enfant drépanocytaire, entre douleur et espoir
Aujourd’hui, nous donnons la parole à Djeïna Maïga, une mère dont la voix tremble d’émotion lorsqu’elle raconte son combat. Un combat pour son fils, atteint de drépanocytose, une maladie héréditaire qui bouleverse des vi...
Aujourd’hui, nous donnons la parole à Djeïna Maïga, une mère dont la voix tremble d’émotion lorsqu’elle raconte son combat. Un combat pour son fils, atteint de drépanocytose, une maladie héréditaire qui bouleverse des vies.
Un diagnostic inattendu après des années d’incompréhension
Tout a commencé lorsque son fils était en maternelle. “Il tombait souvent malade, mais on se disait que c’était normal pour un enfant”, explique-t-elle.
Mais en classe de CP2, les crises deviennent fréquentes : douleurs à l’estomac, fièvres, articulations douloureuses. C’est l’alerte d’une proche qui pousse la famille à faire un test. Le verdict tombe : son fils est porteur du gène drépanocytaire, forme AS avec un taux de 70 %, une forme pourtant considérée comme moins grave… mais pas pour lui.
Un enfant qui apprend à vivre avec la douleur
Très vite, la maladie laisse des séquelles. “Il a commencé à marcher en boitant. Après des examens à Abidjan, les médecins découvrent que son fémur gauche a été gravement atteint.”
Une prothèse lui est posée, mais les crises persistent. “Lorsqu’il souffre, il nous supplie d’attacher ses jambes ou son dos, comme si ça pouvait soulager. Les médicaments agissent une heure, deux tout au plus, puis la douleur revient.”
Les saisons pluvieuses sont les pires : chaque vague de fraîcheur déclenche une nouvelle crise.
Un adolescent fort, une mère épuisée
Aujourd’hui âgé de 17 ans, le jeune garçon a appris à vivre avec sa maladie. “Quand il a compris, il a dit que c’était la volonté de Dieu. Il garde la foi, il est fort. Nous, nous pleurons pour lui, mais lui ne pleure pas.”
Grâce à un complément alimentaire, ses crises se sont espacées depuis deux ans. Mais la mère reste marquée :
C’est dur. Voir son enfant souffrir, courir à l’hôpital tout le temps, gérer la douleur, c’est épuisant moralement et physiquement.”
Un appel à la solidarité et à la compassion
Pour Djeïna, ce combat ne doit pas être mené seule :
Les mamans d’enfants drépanocytaires ont besoin de soutien. Pas seulement financier, mais aussi moral et physique. Quand on est seul à gérer un enfant malade, on s’épuise. Il faut entourer ces familles, les écouter, les soulager.
Elle insiste :
Ces enfants n’ont rien demandé. Ils ne doivent pas être stigmatisés. Ils ont besoin d’amour, d’encouragement et de la certitude qu’ils ne sont pas seuls.”
Pourquoi ce témoignage ?
Djeïna s’exprime aujourd’hui pour soutenir le projet Innocence Rouge et sensibiliser le public :
Nous devons parler de cette maladie. Faire comprendre aux gens qu’il faut agir, informer, soutenir. Parce que derrière chaque enfant malade, il y a une mère qui souffre en silence.
Un enfant drépanocytaire ne choisit pas sa douleur. Aidons-les à choisir la vie.
Commentaires (0)
Soyez le premier à laisser un commentaire.
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.