Diaby Mohamed : Vivre avec la drépanocytose, entre foi et courage
À 34 ans, Diaby Mohamed est assistant à l’Inspection Générale d’État. Derrière cette réussite professionnelle, se cache une histoire de douleur, de foi et de persévérance. Il a accepté de témoigner pour Innocence Rouge,...
À 34 ans, Diaby Mohamed est assistant à l’Inspection Générale d’État. Derrière cette réussite professionnelle, se cache une histoire de douleur, de foi et de persévérance. Il a accepté de témoigner pour Innocence Rouge, afin de briser le silence autour d’une maladie qui bouleverse des vies : la drépanocytose.
Un héritage génétique lourd à porter
Mohamed a grandi avec un fardeau invisible. Ses deux parents étaient porteurs du gène drépanocytaire. Résultat : il est né avec la forme SS, la plus sévère.
“J’avais 5 ans quand tout a commencé. Des douleurs insupportables dans les articulations, les pieds, les bras. On passait notre temps à l’hôpital”, se souvient-il.
À l’époque, aucun centre spécialisé dans sa région. La famille doit se rendre à Abidjan. C’est là que le diagnostic tombe, après des tests réalisés par un professeur spécialisé. Un choc pour les parents, une découverte brutale pour l’enfant.
Une enfance et une adolescence difficiles
Avec la maladie, les restrictions sont nombreuses. “On m’avait interdit les sauces lourdes comme l’arachide et la graine. Pour un enfant, c’était un supplice.”
À 16 ans, Mohamed perd son père. Sa mère devient son seul soutien. Malgré les crises, les hospitalisations répétées, il garde la foi et poursuit ses études.
La stigmatisation, une douleur invisible
Comme si les douleurs physiques ne suffisaient pas, Mohamed fait face à la stigmatisation.
“Un jour, lors d’un entretien d’embauche dans une banque, on nous a demandé de déclarer nos maladies. J’ai été honnête. On m’a refusé le poste, en me disant que le travail nécessitait des déplacements et qu’ils ne pouvaient pas prendre de risque.”
Une injustice qui l’a marqué.
Des douleurs qui résistent aux traitements
Même avec les anti-inflammatoires, la douleur ne disparaît jamais complètement. “Elle s’atténue, mais reste présente. Souvent, seule la voie veineuse soulage vraiment. Mais cela signifie encore des hospitalisations, encore des piqûres.”
Un message de foi et de détermination
Malgré tout, Mohamed garde le sourire et une foi inébranlable.
“Ce n’est pas facile, mais on peut vivre avec cette maladie. Il faut être fort moralement. Merci à Innocence Rouge pour ce combat. Que Dieu fasse que nos voix portent jusqu’aux autorités. C’est douloureux d’en parler, mais si cela peut sauver des vies, ça en vaut la peine.
La drépanocytose n’est pas une fatalité, mais un combat collectif. Faites votre test, informez-vous, protégez vos enfants.
Commentaires (0)
Soyez le premier à laisser un commentaire.
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.